Avertissement de marée toxique alors que des algues tueuses atteignent les plages du Royaume-Uni

Les salariés retirent les algues vertes le 1er juillet

Des salariés retirent les algues vertes de la plage du Ris à Douarnenez, en Bretagne (Image : AFP/Getty Images)

Une « algue tueuse » toxique, responsable de plusieurs décès en France, a été détectée sur les côtes britanniques, déclenchant des avertissements sur les dangers posés par les proliférations d’algues en décomposition sur les plages britanniques. Les algues, liées à la libération de sulfure d’hydrogène gazeux mortel, ont dévasté certaines parties de la Bretagne pendant des décennies, où les tribunaux ont récemment statué que les vapeurs toxiques provenant des algues en décomposition avaient tué un marathonien dans une affaire historique contre l’État français.

Aujourd’hui, les experts en environnement craignent que des conditions similaires ne se reproduisent en Grande-Bretagne, dans un contexte d’aggravation de la pollution des eaux usées et du ruissellement agricole. Les soi-disant « marées vertes » de la Bretagne sont causées par d’énormes concentrations de nitrates provenant de l’agriculture intensive et rejetées dans les eaux côtières peu profondes. Les nutriments alimentent la floraison explosive d’Ulva armoricana, une laitue de mer vert vif, qui pourrit plus tard sur les plages et les vasières.

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ulva armoricana flottant sous la mer en Bretagne, dans l'océan atlantique. problème environnemental croissant avec les marées vertes

Ulva armoricaine (Image : Getty)

Lorsque les algues se décomposent sans oxygène, elles libèrent du sulfure d’hydrogène (H₂S), un gaz toxique qui sent l’œuf pourri et peut déclencher une insuffisance respiratoire, une perte de conscience et la mort à des concentrations élevées.

Les autorités françaises ont lié le gaz à de multiples incidents au cours des trois dernières décennies, notamment la mort de sangliers, de chevaux et d’agents de nettoyage des plages, a rapporté The Guardian.

En 2025, une cour d’appel de Nantes a statué que le sulfure d’hydrogène émis par les algues en décomposition avait tué l’ultra-marathonien Jean-René Auffray en Bretagne en 2016, après s’être effondré alors qu’il courait près d’un estuaire recouvert d’algues.

L’État français a été jugé responsable de ne pas avoir maintenu les eaux suffisamment propres pour empêcher les efflorescences. Les experts préviennent que la Grande-Bretagne est confrontée à des risques croissants liés à des épidémies d’algues similaires.

Des proliférations de laitue de mer ont déjà été enregistrées le long de certaines parties de la côte galloise, du sud-ouest de l’Angleterre et des estuaires touchés par la pollution par les nutriments. Les militants ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes concernant les rejets d’eaux usées non traitées et le ruissellement d’engrais se déversant dans les rivières et les eaux côtières.

Le danger survient lorsque d’épais tapis d’algues s’accumulent et forment une croûte hermétique. S’il est dérangé par des marcheurs, des chevaux, des machines ou un sol qui s’effondre, le sulfure d’hydrogène piégé peut soudainement éclater.

À des niveaux inférieurs, le gaz provoque des nausées, des maux de tête et des difficultés respiratoires. À des concentrations élevées, il peut rapidement submerger le système nerveux, paralysant les poumons en quelques secondes.

Pierre Philippe, un médecin urgentiste français à la retraite qui a passé des décennies à enquêter sur les décès en Bretagne, a averti que le gaz devient particulièrement dangereux car il engourdit l’odorat.

Il a déclaré : « À hauteur de 50 parties par million, cela anesthésie votre odorat – et c’est là que les choses deviennent dangereuses. »

La crise bretonne est devenue un point d’éclair politique en France, les groupes environnementaux accusant les autorités de minimiser les risques sanitaires pour protéger les industries agricoles et touristiques.

La région abrite plus de la moitié de la population porcine de France, bien qu’elle ne couvre que 5 % de la superficie du pays, produisant d’énormes quantités de déchets riches en azote qui nourrissent les algues.

Les gouvernements français ont introduit plusieurs « plans algues » visant à réduire la pollution, mais les critiques affirment qu’ils n’ont pas réussi à s’attaquer à la cause profonde : l’élevage intensif.

Les défenseurs de l’environnement britanniques affirment que la situation devrait servir d’avertissement sévère pour le Royaume-Uni, où les rivières et les eaux côtières subissent déjà une pression croissante en raison des déversements d’eaux usées et de la pollution agricole.

L’année dernière, des militants ont averti que l’aggravation de la contamination par les nutriments alimentait une prolifération d’algues plus importante autour des côtes britanniques, faisant craindre que les « marées vertes » toxiques ne deviennent de plus en plus fréquentes pendant les étés plus chauds.