
Stonehenge, l’un des monuments les plus emblématiques et les plus mystérieux de la Grande-Bretagne antique, a perplexe les chercheurs depuis des siècles. Érigé par les peuples préhistoriques il y a plus de 5 000 ans, son véritable objectif reste un sujet de débat intense.
Était-ce un site sacré pour le culte ou un lieu d’observation céleste? Était-ce un terrain funéraire ou peut-être un emplacement pour les rituels et les sacrifices? La disposition des pierres géantes, en particulier leur alignement avec le soleil pendant les solstices, a alimenté de nombreuses théories sur son importance.
Les archéologues ont mis au jour de nombreux artefacts près de Stonehenge, fournissant des informations précieuses sur son passé, mais le but original du monument reste insaisissable.
Dans une tentative innovante de débloquer certains de ses secrets, une équipe de chercheurs de l’Université de Salford au Royaume-Uni s’est tournée vers la technologie moderne, recréant un modèle 3D du site pour étudier les effets de son acoustique.
Ce projet de pointe visait à explorer comment la structure unique de Stonehenge peut avoir eu un impact sur le son, offrant de nouvelles perspectives sur ses utilisations possibles.
Dirigée par l’ingénieur acoustique Trevor Cox, l’équipe a utilisé la technologie de balayage laser pour capturer numériquement la formation de pierre dans des détails extraordinaires.
Ils ont ensuite imprimé une réplique réduite de Stonehenge, environ un douzième la taille de l’original, pour tester l’acoustique dans le monument. Les chercheurs se sont concentrés sur la compréhension de la façon dont les sons – des mots prononcés, de la musique ou des chants de cérémonie – se sont comportés dans le dispositif circulaire de la structure.
Cette recherche a été provoquée par la manière intrigante dont les pierres sont placées. La disposition du monument suggère que le discours ou le son à l’intérieur de Stonehenge ne se projeteraient pas vers l’extérieur, ce qui signifie que ceux qui se tenaient à l’extérieur de la structure n’entendraient pas ce qui se passait à l’intérieur.
Les scientifiques ont reproduit ce phénomène en concevant leur modèle avec une attention particulière à la dynamique sonore, en utilisant 27 pierres imprimées de tailles et de formes variables pour simuler la structure d’origine. Couchée avec des matériaux conçus pour reproduire les propriétés absorbant le son des pierres réelles, l’équipe a pu mesurer comment le son se comporterait dans l’espace.
Pour enquêter, l’équipe a utilisé des haut-parleurs et des microphones positionnés autour du modèle d’échelle, introduisant une variété de fréquences sonores, des tons bas aux notes aiguës. Les résultats étaient étonnants. Malgré les lacunes du modèle, les ondes sonores qui ont été projetées dans la réplique persistante pendant une courte période dans la structure.
Le « temps de réverbération » – le temps nécessaire pour qu’un son se décompose de 60 décibels – était environ 0,6 seconde pour les sons à mi-fréquence à l’intérieur du modèle. Cela a indiqué que les sons à l’intérieur de Stonehenge auraient pu être amplifiés, en particulier dans le cas des voix ou des instruments, améliorant leur présence pendant les rituels ou les cérémonies.
Fait intéressant, la recherche a révélé que les sons à l’intérieur de la réplique ne faisaient pas écho au sens traditionnel. Au lieu de cela, ils étaient piégés dans le cercle de pierre intérieure, obscurcis par les pierres de Sarsen externes. Cette découverte suggère que Stonehenge a peut-être fonctionné comme une sorte de chambre acoustique, améliorant les sons en lui.
Cela aurait fait l’expérience des sons – que ce soit des mots, des chants ou le rythme de la batterie – se sont bien plus dramatiques et immersifs. Il est plausible que l’acoustique unique de Stonehenge ait joué un rôle important dans les activités rituelles ou cérémonielles, amplifiant les sons pour créer un sentiment de révérence ou de crainte.
L’étude, menée en 2020, présente un nouvel angle convaincant sur la fonction de Stonehenge. Bien qu’il ne réponde pas définitivement à l’objectif du monument, il donne un aperçu fascinant de la façon dont son architecture peut avoir été soigneusement conçue pour améliorer l’expérience auditive.
Ces résultats suggèrent également que Stonehenge aurait pu être un site clé pour les événements rituels, où la musique, les chants et la parole de cérémonie auraient été amplifiés, contribuant à l’atmosphère sacrée de l’espace.
Au fur et à mesure que l’étude progresse, il est clair que le but de Stonehenge est beaucoup plus complexe qu’on l’imaginait précédemment. Peut-être, plutôt que de simplement servir de structure physique, Stonehenge était un endroit où le son, la musique et le rituel se sont combinés d’une manière qui aurait profondément affecté ceux qui y ont rassemblé il y a des milliers d’années.