
L’une des grandes curiosités de l’histoire de la musique réside dans le fait que Elvis Presley n’a jamais enregistré “I Will Always Love You”, l’un des titres les plus emblématiques écrits par Dolly Parton, malgré son intérêt pour la chanson. Cette ballade, devenue un immense succès international grâce à Whitney Houston, aurait pu faire partie du répertoire du « King » — si des considérations commerciales n’en avaient décidé autrement.
Selon les explications données par Dolly Parton elle-même, Elvis avait véritablement voulu interpréter ce morceau, qui était alors encore relativement récent au début des années 1970. L’artiste était enthousiaste à l’idée qu’une star de cette envergure reprenne sa composition. Toutefois, le manager d’Elvis, le Colonel Tom Parker, imposait une condition jugée inacceptable par Parton : qu’il obtienne la moitié des droits d’édition du morceau avant que Presley ne puisse l’enregistrer.
Pour Parton, cette exigence représentait une atteinte majeure à ses droits d’auteur sur une œuvre qu’elle considérait comme l’une de ses créations les plus personnelles et importantes. Elle a donc refusé de céder ces droits, au détriment d’une éventuelle reprise par Elvis. Cette décision a eu des implications financières durables : lorsque Whitney Houston en a fait une version dramatique pour la bande-son du film The Bodyguard en 1992, la chanson est devenue l’un des singles les plus vendus de tous les temps, générant à Dolly Parton des royalties substantielles.
Cet épisode révèle non seulement les turbulences parfois méconnues entre artistes et management, mais aussi l’importance de la propriété intellectuelle dans l’industrie musicale. Si Elvis avait enregistré la chanson, elle aurait sans doute connu un destin différent – peut-être moins monumental que la version de Whitney Houston, mais assurément marquant un tournant dans la carrière de Parton elle-même.
